Ce que couvre une assurance marchandises en stock
Dans une multirisque professionnelle, la garantie « marchandises en stock » vise généralement les biens entreposés dans vos locaux assurés : matières premières, composants, produits finis, emballages et consommables, y compris ceux exposés en réserve ou en surface de vente. L’objectif est d’indemniser les dommages matériels subis par ces biens lors d’un événement garanti.
Les sinistres pris en charge incluent le plus souvent l’incendie et l’explosion, les dégâts des eaux consécutifs à une fuite ou une infiltration, certains événements climatiques selon le contrat, et la garantie catastrophes naturelles lorsqu’elle s’applique conformément au Code des assurances. Le vol et le vandalisme peuvent être couverts selon des conditions précises (voir plus bas). Des garanties complémentaires fréquentes concernent les dommages électriques ou l’effondrement d’étagères s’ils résultent d’une cause extérieure garantie.
Le règlement de l’indemnité obéit au principe indemnitaire prévu par l’article L121-1 du Code des assurances : l’assurance ne peut être une source d’enrichissement. Pour des marchandises, l’indemnité vise généralement la valeur réelle au jour du sinistre, souvent proche du prix de revient ou d’achat constaté par vos inventaires et pièces comptables. Votre contrat peut mentionner une base de règlement différente pour certains biens.
- Biens visés : matières premières, marchandises, produits finis, emballages
- Périmètre : uniquement les lieux assurés, sauf extension « lieux multiples »
- Base d’indemnisation : valeur réelle au moment du sinistre (art. L121-1)
Vol et vandalisme : quelles conditions pour être indemnisé ?
La garantie vol sur les stocks dépend de conditions de sécurité précisées au contrat. L’indemnisation est souvent acquise en cas d’effraction, de violence ou d’escalade avérée, et peut être étendue à d’autres modes d’intrusion si le contrat le prévoit. À l’inverse, l’absence d’effraction ou un simple manquant à l’inventaire sont fréquemment exclus.
Votre assureur peut exiger des protections minimales adaptées au local et à la valeur du stock : serrures homologuées, portes renforcées, barreaux, volets, alarme intrusion, télésurveillance, éclairage extérieur, ou procédures de fermeture. Le non-respect d’une clause de sécurité contractuelle peut réduire ou exclure l’indemnisation.
Pensez aussi au cas des vitrines, des zones accessibles au public et des points de vente éphémères. Vol à l’étalage, arrachage, ou introduction clandestine ne sont pas traités de la même manière d’un contrat à l’autre. Un inventaire rigoureux et des preuves d’achat facilitent l’évaluation du préjudice en cas de sinistre.
- Exemples de preuves utiles : plainte, constat d’effraction, images de vidéosurveillance, inventaires datés
- Protections fréquentes attendues : porte certifiée, verrouillage multipoints, alarme, télésurveillance
Produits périssables, chambres froides et dommages électriques
Les marchandises sensibles à la température (alimentaire, fleurs, pharma, cosmétique, chimie) nécessitent d’examiner la garantie « détérioration des marchandises en chambres froides ». Elle peut couvrir la perte de denrées causée par une panne du groupe froid, une fuite de fluide frigorigène, un défaut soudain d’alimentation électrique ou une variation accidentelle de température, dans les limites prévues.
La garantie « dommages électriques » peut compléter la protection du stock en couvrant la surtension, la foudre ou un court-circuit ayant endommagé les équipements qui protègent indirectement vos marchandises (armoires frigorifiques, automates, pompes). Sans ces extensions, la perte de qualité ou la dégradation progressive liée à un défaut interne ou à la péremption naturelle est généralement exclue.
Vérifiez les conditions : déclenchement de la garantie (nature de la panne ou de l’événement), biens couverts (chambres froides positives/négatives, vitrines réfrigérées), justificatifs attendus (relevés de température, intervention de maintenance), et exclusions usuelles (défaut d’entretien manifeste, coupure planifiée). Un plan de maintenance documenté et des enregistrements réguliers de température sécurisent vos indemnisations.
- Extension souvent nécessaire : « détérioration de marchandises en chambres froides »
- Exclusions typiques : péremption naturelle, usure, défaut d’entretien avéré
Déterminer le bon capital de stock et gérer les variations
Le capital à assurer pour vos marchandises correspond généralement à la valeur totale de vos stocks présents dans les locaux assurés, appréciée selon la base prévue au contrat (souvent proche du prix de revient). Une sous-estimation expose à une indemnisation partielle en cas de sinistre majeur si une clause de proportion figure au contrat. Une surestimation majore inutilement la prime. L’objectif est de coller à la réalité économique de votre stock.
Beaucoup d’activités connaissent des pics saisonniers, des opérations promotionnelles ou des réceptions massives de marchandises. Des mécanismes contractuels existent pour cela : capital « flottant », clause « stocks variables » ou déclaration périodique de stock. Ils permettent d’ajuster la valeur assurée à la réalité de vos inventaires, selon des modalités fixées avec l’assureur.
Conservez des inventaires datés, rapprochés de votre comptabilité (achats, entrées/sorties, valorisation), et des preuves d’existence (photos, codes-barres, WMS). En cas de sinistre, ces éléments facilitent la reconstitution de la quantité et de la valeur détruite ou dégradée. L’article L113-2 du Code des assurances rappelle vos obligations déclaratives, tant au moment de la souscription que lors de la déclaration de sinistre et en cas d’aggravation du risque.
N’oubliez pas les particularités : emballages consignés, échantillons, prototypes, marchandises en quarantaine, produits sous température dirigée, marchandises dangereuses. Certains nécessitent une mention ou une extension spécifique. Les biens de tiers confiés à votre garde (dépôt, réparation, personnalisation) relèvent souvent d’une garantie « biens confiés » distincte de vos propres marchandises.
- Justificatifs utiles : inventaires datés, factures d’achat, mouvements de stock, photos
- Cas à déclarer : pics saisonniers, lieux supplémentaires, biens de tiers confiés
Perte d’exploitation après sinistre sur le stock
La destruction ou l’indisponibilité d’un stock peut stopper les ventes, retarder des livraisons et générer des frais supplémentaires. La garantie « perte d’exploitation » vise à compenser les conséquences financières d’un sinistre matériel garanti (incendie, dégât des eaux, vol garanti, etc.) en prenant en charge, selon contrat, la perte de marge et certaines charges fixes, le temps de redémarrer.
Cette garantie fonctionne uniquement à la suite d’un dommage matériel garanti aux biens assurés. Elle nécessite de fixer un niveau de couverture adapté à votre activité et à votre chaîne d’approvisionnement. Délais de remise en état, capacité des fournisseurs à reconstituer le stock, dépendance à une saison de vente courte : ces facteurs orientent les paramètres de la garantie et les éventuelles extensions (frais supplémentaires d’exploitation, impossibilité d’accès aux locaux).
- Indemnisation conditionnée par un dommage matériel garanti
- Peut couvrir la perte de marge et des frais supplémentaires selon le contrat
Marchandises hors des locaux et en transport
Vos marchandises ne restent pas toujours dans vos murs. Les stocks entreposés chez un logisticien, un dépositaire ou dans un box de self-stockage ne sont pas automatiquement couverts par votre multirisque. Une extension « lieux multiples » ou « dépôts extérieurs » peut être nécessaire, avec désignation des adresses ou des prestataires concernés.
Les marchandises en cours de transport obéissent à une logique différente. Pour couvrir les dommages subis pendant l’acheminement (chute, accident, vol, mouille), on recourt à une assurance transport de marchandises. Elle peut être souscrite par l’expéditeur, le destinataire ou le transporteur selon les contrats et responsabilités. La multirisque professionnelle couvre rarement ces risques sans extension explicite « marchandises transportées ».
Si vous importez ou sous-traitez une partie de la logistique, vérifiez qui supporte le risque à chaque étape et quelles preuves seront disponibles en cas de sinistre (lettres de voiture, récépissés, réserves). La clarté contractuelle avec vos partenaires limite les zones grises et accélère les indemnisations.
- Stocks chez des tiers : extension « lieux multiples » ou « dépôts extérieurs »
- Transport : assurance dédiée ou extension « marchandises transportées »

