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Loyer impayé : que faire et dans quel ordre

Mis à jour le 29 octobre 2026

Face à un loyer impayé, savoir quoi faire et dans quel ordre évite bien des erreurs. Voici un guide clair et pratique pour agir vite, documenter chaque étape et respecter la loi. Vous verrez aussi ce que change une garantie loyers impayés (GLI) et l’intérêt de la garantie Visale.

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Comprendre l’ordre des démarches en cas d’impayé

Votre objectif est double : tenter une solution amiable tout en préparant un dossier solide au cas où la procédure judiciaire s’imposerait. L’ordre classique des démarches est le suivant : relance amiable, mise en demeure, commandement de payer par commissaire de justice si une clause résolutoire est prévue au bail, puis assignation devant le juge pour constater la résiliation et obtenir l’expulsion.

À chaque étape, conservez des preuves datées (courriels, lettres, échanges avec le locataire, éventuelles promesses de paiement). Elles seront utiles devant le juge et, si vous êtes assuré, pour votre assureur GLI.

Relance amiable puis mise en demeure

Commencez par une relance courtoise. Appelez ou écrivez pour comprendre la situation (retard bancaire, difficulté passagère, litige sur une charge). Proposez si possible un plan d’apurement écrit. Rappelez les échéances et les coordonnées de paiement.

Si l’impayé persiste, adressez une mise en demeure écrite. Elle doit exposer la somme réclamée, les loyers et charges visés, le fondement (bail signé, échéances), et fixer un délai raisonnable pour s’exécuter. L’envoi en recommandé avec accusé de réception permet de dater et de prouver la demande.

S’il existe une caution solidaire, informez-la et mettez-la en demeure selon les termes de l’acte de cautionnement. En parallèle, préparez vos pièces: bail signé, état des lieux, historique des paiements, décompte clair des sommes dues.

Le commandement de payer et la clause résolutoire (article 24 de la loi du 6 juillet 1989)

Si votre bail d’habitation contient une clause résolutoire pour défaut de paiement, le commissaire de justice peut délivrer un commandement de payer. Cet acte officiel rappelle les sommes dues et informe le locataire de ses droits. Il constitue le point de départ du délai légal au terme duquel la clause résolutoire peut s’appliquer si la dette n’est pas apurée ou si aucun plan n’est accordé par le juge.

Selon l’article 24 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, tel que modifié par la loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023, la clause résolutoire ne produit effet qu’à l’issue d’un délai légal suivant la signification du commandement, si le locataire n’a pas payé ou n’a pas obtenu de délais de paiement. Le juge peut suspendre les effets de la clause en accordant des délais et en fixant un échelonnement de la dette.

Le commandement doit respecter des mentions prévues par la loi et oriente le locataire vers les aides possibles, notamment le Fonds de solidarité pour le logement. En pratique, conservez l’original de l’acte et le justificatif de signification.

Assignation, audience et suites de la décision

Si la situation n’est pas régularisée à l’issue du délai, vous pouvez faire délivrer une assignation devant le juge des contentieux de la protection pour voir constater l’acquisition de la clause résolutoire, fixer la dette, ordonner l’expulsion et, le cas échéant, liquider l’astreinte. L’assignation est délivrée par commissaire de justice.

À l’audience, le juge apprécie la bonne foi des parties, peut accorder des délais de paiement et suspendre la clause résolutoire (article 24 précité). Il peut aussi octroyer des délais pour quitter les lieux sur le fondement du code des procédures civiles d’exécution. Si une décision d’expulsion est rendue, elle mentionne les suites et délais applicables.

En parallèle, tenez informés les éventuels garants et, si vous avez une GLI, transmettez au plus vite la décision et les pièces requises.

Trêve hivernale : ce que cela change

La trêve hivernale suspend les expulsions pendant une période définie par la loi, sauf exceptions prévues par les textes. Cela n’empêche ni les relances, ni l’audience, ni une décision de justice : seule l’exécution de l’expulsion est reportée.

Le principe est posé par le code des procédures civiles d’exécution (article L412-6). Vérifiez la portée exacte de la trêve dans votre situation et les exceptions légales éventuelles auprès du commissaire de justice ou dans la décision rendue.

Avec une GLI : déclarer vite, fournir les pièces, et connaître les limites

La garantie loyers impayés rembourse, selon les contrats, les loyers et charges impayés, les frais de procédure et d’expulsion. Des options couvrent souvent les dégradations immobilières et la protection juridique. Pour être indemnisé, vous devez déclarer le sinistre dans le délai prévu par votre contrat, généralement très court après le premier impayé, et respecter les étapes exigées (mise en demeure, commandement si clause résolutoire, assignation si nécessaire).

Les contrats exigent habituellement : un bail écrit avec clause résolutoire, un état des lieux signé, et un dossier locataire solide au moment de l’entrée (revenus, stabilité). Un locataire déjà en place peut être éligible selon des conditions de régularité de paiement sur une certaine période. Les locations saisonnières, la sous-location, le logement de fonction et la location à un proche sont en général exclus.

Ne confondez pas la GLI avec l’assurance propriétaire non occupant (PNO) : la PNO protège le bien (dommages au bâtiment, responsabilité civile du propriétaire), pas le risque d’impayé. En alternative publique à la GLI, la garantie Visale d’Action Logement peut couvrir certains impayés pour des profils éligibles, avec des conditions propres au dispositif.

  • Pièces souvent demandées par l’assureur GLI : bail et avenants, état des lieux d’entrée, justificatifs du dossier locataire, historique des loyers et des relances, mise en demeure, commandement de payer, assignation ou décision si elle existe.

Vos questions

Quelle différence entre mise en demeure et commandement de payer ?

La mise en demeure est une lettre du bailleur qui fixe un délai pour payer et prouve que vous avez réclamé la somme. Le commandement de payer est un acte délivré par un commissaire de justice. S’il existe une clause résolutoire dans le bail d’habitation, cet acte fait courir le délai légal de l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989 avant la résiliation.

Faut-il obligatoirement une clause résolutoire pour agir ?

Non. Sans clause résolutoire, vous pouvez assigner en résiliation judiciaire du bail pour manquement grave du locataire. Avec une clause résolutoire, la procédure est encadrée par l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989 et passe par un commandement de payer préalable.

Peut-on expulser pendant la trêve hivernale ?

Non, l’expulsion ne peut pas être exécutée pendant la trêve hivernale, sauf exceptions prévues par la loi. Le fondement est l’article L412-6 du code des procédures civiles d’exécution. Les autres démarches (relances, audience, jugement) restent possibles.

La caution solidaire peut-elle être actionnée en cas d’impayé ?

Oui, si un acte de cautionnement a été signé, vous pouvez mettre en demeure la caution selon l’acte et la loi. La caution peut payer à la place du locataire et se retourner contre lui. Référez-vous notamment à la loi du 6 juillet 1989 (article 22-1) pour les conditions de validité du cautionnement.

La garantie Visale remplace-t-elle une GLI ?

La garantie Visale d’Action Logement est un dispositif public de cautionnement pour certains locataires et logements, avec ses propres plafonds et conditions. Elle ne fonctionne pas comme une assurance privée. Selon votre situation, Visale peut sécuriser l’entrée d’un locataire mais ne propose pas les mêmes options qu’une GLI (dégradations, protection juridique).

Que faire si le locataire ne paie qu’une partie du loyer ?

Traitez l’impayé partiel comme un impayé. Établissez un décompte précis, relancez, puis mettez en demeure pour le solde. S’il persiste, le commandement de payer peut viser loyers, charges et accessoires dus conformément au bail et à l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989.

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Sources

Eric Chahmerian, fondateur d'Affinisur

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Eric Chahmerian, courtier depuis 2018

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